Un peu d'histoire:
Le codex Manesse, aujourd'hui conservé à la bibliothèque universitaire de Heidelberg, est un vaste recueil de poésies courtoises, réunies à la fin du XIIIe siècle par un homme de loi zurichois, Rüdiger Manesse et son fils, Johannes. Il a semble-t-il été réalisé en Alsace entre 1300 et 1330. Le codex contient les textes de chansons d'amour composées en allemand médiéval (Mittelhochdeutsch) par des poètes reconnus de leur époque et dont plusieurs étaient des dirigeants importants. Ces poètes, les Minnesänger, sont en quelque sorte les équivalents allemands des troubadours et trouvères. Le noyau du manuscrit est formé des oeuvres de 110 auteurs dont les textes ont été copiés en 1300 ou dans les années qui suivent. Ce n'est qu'après la mort de Rüdiger Manesse qu'on ajouta (jusqu'en 1330/1340) les oeuvres de trente autres poètes. On ignore qui mena ce travail complémentaire. Le Codex Manesse a été conçu selon un plan. D'un côté, les poètes sont ordonnés hiérarchiquement: d'abord l'empereur Henri VI de Hohenstaufen et son petit-fils Conrad IV, puis les rois, ducs, comtes et barons et enfin les poètes n'appartenant pas à la noblesse, la majorité.
Le manuscrit compte 137 miniatures, qui forment une série de "portraits" de chaque
poète qui sont sources de renseignements intéressants sur les costumes, coutumes et armoiries de l'époque. Les personnages sont souvent placés dans des positions sophistiquées qui trahissent un
certain maniérisme. Celles-ci sont prétexte à créer un riche drapé. Les visages restent encore assez stéréotypés. Cependant, les personnages sont caractéristiques des canons gothiques. Un grand
nombre de nobles y sont représentés dans leur tenue d'apparat ou équipés en tenue de tournois. Ils sont reconnaissables grâce à leurs symboles héraldiques bien que leur visage soit parfois caché
par un heaume.
J’ai réalisé pour l'instant deux enluminures d’après ce manuscrit : il s’agit de deux scènes d’amour courtois. Mais je n’ai à aucun moment voulu reproduire les miniatures, il s’agissait pour moi de me les approprier et de les modifier afin de les faire coïncider avec un contexte assez personnel. C’est pourquoi on ne retrouve pas la forme oblongue du cadre multicolore qui entoure les enluminures ainsi que les blasons des Minnesänger. J’ai également rajouté des éléments (texte, phylactères ou changé quelques nuances de couleur), comme vous pouvez le voir en comparaison avec les originaux que voici:.

Je vous invite à aller jeter un coup d’oeil sur ce lien, où se trouve la
numérisation du manuscrit original, conservé à l’université d’Heidelberg : http://www.manesse.de/manesse0-9.shtml et d'où je tire les photos présentes sur ce blog.
Et si la langue de Goethe ne vous insupporte pas, il existe cet ouvrage très intéressant: Ingo F. Walther, Codex Manesse. Die Miniaturen der Großen Heidelberger Liederhandschrift, éditions Insel.
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Une architecture de transition:

Ensuite, je me suis mis à la recherche d’un motif pour préciser un peu plus l’origine géographique
de la pièce, ainsi que la richesse de sa propriétaire. C’est d’ailleurs à partir du statut social de mon personnage, bourgeoise messine de la fin du
XIIIe siècle que j’ai opté pour les fils de laine, la soie ayant été trop onéreuse pour mon personnage comme pour moi. Pour la décoration, j’ai décidé de m’inspirer de la
dalmatique de l’ensemble de vêtements liturgiques provenant de l’abbaye bénédictine





De plus en plus
improbable et pourtant représenté par des enluminures et la pensée médiévale (comme l
Il s’agit d’un demi-cercle légèrement modifié en lin, auquel est adjoint un long cordon (2m50) de laine. En suite il suffit de mettre ses cheveux en un
chignon très lâche, de serrer le cordon autour de la tête, de « trousser » la circonférence du cercle autour du chignon, de cercler plusieurs fois la tête et le chignon avec le cordon et
de finir par un noeud. Cela donne une coiffure qui tient très bien et confortable !