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  • : L'atelier de Mathilde
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  • : Mes réalisations et mes recherches dans le domaine des ateliers du livre à l'époque médiévale (outils, costumes, accessoires, mobilier, etc.) et notamment dans la tentative de restitution d'un atelier de copistes et enlumineurs dans la cité de Metz dans la 1ere décennie du XIVe siècle.
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Samedi 1 mars 2008

Il y a quelques temps déjà, mon cher et tendre Goscelin s’est mis en tête de m’offrir un couteau pour copiste, que l’on nomme canivet. Après de nombreuses péripéties et de nombreux échanges de mails avec un coutelier anglais, me voici en possession d’un petit bijou d’os et acier, tranchant comme un rasoir…le parchemin n’a qu’à bien se tenir !!!!

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Qu’est-ce qu’un canivet ?

Comme je l’ai dit, il s’agit d’un instrument tranchant très souvent représenté sur les enluminures, un couteau avec une lame à la forme très spécifique. Dans les textes latins, on le nomme tantôt cultellus (petit couteau), tantôt scapellus. Plus tardivement dans la période médiévale on le nomma canipulum qui donnera le français canivet (ou quenivet) ainsi que l'anglais knife.

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Le canivet, un outil polyvalent :

 

Dans les miniatures on peut remarquer qu’il est tenu de diverses manières par les copistes, suivant la tâche à accomplir. Ce véritable « couteau suisse avant l’heure » peut avoir 3 fonctions, du fait de sa lame :

 

  • Le premier usage est de maintenir la page de parchemin immobile. Pour ce faire, comme on peut le voir sur cette miniature, le copiste piquait la pointe du canivet dans le parchemin, de manière superficielle afin de ne pas endommager le support. Cette nécessité de maintenir le parchemin s’explique par la posture du copiste, qui écrivait à main levée, sans prendre appui sur ses mains.

 

  • La seconde fonction du canivet est de tailler les pointes des plumes, grâce à sa grande lame latérale. En effet, les principaux outils scripteurs utilisés pour écrire sur le parchemin étaient la plume et le calame. Mais ces outils s'usent assez vite et leurs becs ont besoin d'être taillés fréquemment.

 

  • Enfin, le canivet peut être utilisé comme un grattoir et ainsi permettre de corriger des erreurs de copies. En langage codicologique, le verbe correspondant à cette action est « éraser », c’est-à-dire « supprimer une lettre, un mot ou un passage à l’aide d’un grattoir (D. Muzerelle).  Le grattoir permettait également la suppression de mentions liminaires devenues gênantes (marques de possession par exemple). Cette pratique peut être également rapprochée de celle des palimpsestes, ces « manuscrits anciens grattés puis recouverts d’une seconde écriture » (E. Littré).

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Quelques détails techniques de coutellerie….

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A noter que d’après l’artisan ayant fabriqué cette pièce, le type de montage de la soie utilisé pour mon canivet ne serait plutôt rare au XIIIe siècle puisqu’il s’agit d’un montage de soie classique (classic tong), où une lamelle prolongeant la lame est prise en sandwich entre les deux "tranches" du manche, le tout fixé à l'aide de rivets. Avant le XVe siècle la grande majorité des couteaux étaient montés en « whittle tong », c’est-à-dire qu’une pointe prolongeant la lame était enfoncée dans un trou creusé dans l'axe du manche, lequel manche est dans ce cas d'une seule pièce. Une bague en métal était souvent placée entre la lame et le manche pour consolider le tout.

 

Par Mathilde - Publié dans : L'atelier du copiste
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