Il y a quelques temps déjà, mon cher et tendre Goscelin s’est mis en tête de m’offrir un couteau pour copiste, que l’on
nomme canivet. Après de nombreuses péripéties et de nombreux échanges de mails avec un coutelier anglais, me voici en possession d’un petit bijou d’os et acier, tranchant comme
un rasoir…le parchemin n’a qu’à bien se tenir !!!!
Qu’est-ce qu’un canivet ?
Comme je l’ai dit, il s’agit d’un instrument tranchant très souvent représenté sur les enluminures, un
couteau avec une lame à la forme très spécifique. Dans les textes latins, on le nomme tantôt cultellus (petit couteau), tantôt scapellus. Plus tardivement dans la période
médiévale on le nomma canipulum qui donnera le français canivet (ou quenivet) ainsi que l'anglais knife.
Le canivet, un outil polyvalent :
Dans les miniatures on peut remarquer qu’il est tenu de diverses manières par les copistes, suivant la tâche à accomplir. Ce véritable « couteau suisse avant l’heure » peut avoir 3 fonctions, du fait de sa lame :
Quelques détails techniques de coutellerie….
A noter que d’après l’artisan ayant fabriqué cette pièce, le type de montage de la soie utilisé pour mon canivet ne serait plutôt rare au XIIIe siècle puisqu’il s’agit d’un montage de soie classique (classic tong), où une lamelle prolongeant la lame est prise en sandwich entre les deux "tranches" du manche, le tout fixé à l'aide de rivets. Avant le XVe siècle la grande majorité des couteaux étaient montés en « whittle tong », c’est-à-dire qu’une pointe prolongeant la lame était enfoncée dans un trou creusé dans l'axe du manche, lequel manche est dans ce cas d'une seule pièce. Une bague en métal était souvent placée entre la lame et le manche pour consolider le tout.