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  • : Nos réalisations et nos recherches dans le domaine des ateliers du livre à l'époque médiévale (outils, costumes, accessoires, mobilier, etc.) et notamment dans la tentative de restitution d'un atelier de copistes et enlumineurs dans la cité de Metz dans la 1ere décennie du XIVe siècle.
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Dimanche 12 février 2012 7 12 /02 /Fév /2012 11:31

Une fois n'est pas coutume, c'est aujourd'hui au tour de Goscelin de vous présenter notre nouvelle réalisation: un codex complet!

A force de faire des enluminures, il vient un moment où l'on voudrait les voir dans leur contexte, plutôt que sur une feuille volante. C’est pourquoi notre atelier s’agrandit cette année en développant un autre aspect de la création du livre : la reliure.  Après avoir suivi un stage de reliure avec un excellent professeur, Olivier Maupin (dont voici le site), j’ai ainsi lancé le projet de concevoir un premier livre de A à Z.

psautier

 

Notre choix s’est porté sur un petit psautier (17cm x 13cm) de 214 pages. Ce genre d’ouvrage de dévotion personnelle, relativement peu coûteux, correspond bien à cette fin de XIIIe siècle où les livres deviennent accessibles à d’autres classes sociales que la noblesse et le clergé. Le style de la reliure est dit roman (utilisé du XII au XIVe siècle, avec quelques exceptions subsistant encore plus longtemps), car il nous a été impossible d’attester que la reliure dite gothique (dont les règles évolueront peu du XIVe au XVIe siècle) était déjà utilisée à Metz à la fin du XIIIe siècle.

 

psautier03

Mathilde a calligraphié les quatre premières pages ainsi que les lettres filigranées dont il a été question dans un article précédent (c'est ici), puis nous avons cousu ce feuillet, avec les cinquante-deux autres, à trois nerfs de cuir blanc. Les nerfs sont ensuite passés dans des trous façonnés dans les ais (planches de bois qui font office de couverture), et maintenus en place par des chevilles. Remarquez que les trous en question sont rectangulaires, permettant ainsi aux nerfs d’y pénétrer à plat ; plus tard, la reliure gothique simplifiera cela en enroulant le nerf pour le faire passer dans un simple trou rond.

 

AiesLes ais sont en chêne, comme c’était presque toujours le cas.  Leurs bords ont été légèrement arrondis pour donner une forme plus élégante et pour éviter qu’ils ne blessent le cuir qui le recouvre. Ce dernier est une peau de chèvre qui a été teinté en rouge. Le cuir recouvrant les livres étaient souvent teinté en couleurs vives pour renforcer l’aspect ostentatoire de l’ouvrage. Notez comment sur le dos, le cuir marque les nerfs utilisés pour relier les feuillets : bien que l’utilisation de nerfs sera abandonnée pour la plupart des livres à l’époque moderne, on continuera de créer des faux nerfs décoratifs en oubliant leur usage premier.

 

 

tranchefile

Le dernier ajout, à la fois décoratif et utilitaire, est la tranchefile. Il s’agit d’un tressage de cuir dont le rôle est de renforcer le haut et le bas du dos, tout en n’empêchant pas l’ouverture du livre.

 

Et voilà le résultat : un livre comme il en existait dans des familles  relativement aisées à Metz, et qui devait consister en le travail le plus courant pour les ateliers du livre messins, bien avant les célèbres manuscrits hors de prix qui sont parvenu plus facilement jusqu’à nous. Quant à nous, nous ne nous arrêterons pas là, et nous espèrons que  ce livre ne sera que le premier d’une longue série de création ! Nous profiterons d’un prochain travail pour parler avec plus d’attention d’une étape précise de la reliure médiévale.

psalter

Par Goscelin - Publié dans : L'atelier du relieur - Communauté : Le Moyen Age
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Commentaires

Bravo, il est superbe !!!

Commentaire n°1 posté par Marion des Compagnons De Maricélianne le 12/02/2012 à 17h32

 Merci beaucoup!

Réponse de Mathilde le 12/02/2012 à 22h06

Comme dit ailleurs, superbe travail.

Ne me dis pas que les 200 pages sont en parchemin ?!?

Commentaire n°2 posté par olivier du berry le 12/02/2012 à 21h36

Oh que non, je ne peux pas me payer autant de parchemin. 

Seuls les premiers cahiers sont en parchemin, le reste est en papier imitation parchemin fait maison (c'est-à-dire avec impression de la texture du parchemin et légèrement pelliculé grâce à de la paraffine). 

 

Réponse de Mathilde le 12/02/2012 à 22h06

Salut à toi !

Quel travail magnifique ! Je passe de longs moments sur ton blog à lire tes articles et je me régale. J'essaie moi-même de me lancer dans la calligraphie (pour le moment) et l'enluminure (mais on n'y est pas encore !) pour une association messine qui reconstitue un ordre hospitalier (les Bellatores Hospitalis) et ton blog est une mine d'informations. Je peine un peu pour réaliser mes encres à partir de pigments naturels, je coince au niveau du liant. Accepterais-tu de m'aider et partager quelques-unes de tes connaissances par mail ?

Merci par avance

Commentaire n°3 posté par Célia le 16/02/2012 à 22h45

Bonjour, 

Avec plaisir, par contre je ne comprends pas trop la question du liant car dans la recette postée ici-même, c'est l'eau gommée qui sert de liant, tandis que les noix de galle et le sulfate de fer servent à pigmenter. 

Réponse de Mathilde le 03/03/2012 à 17h28

Bonjour Mathilde et Goscelin

Vous avez toute mon admiration pour cet excellent ouvrage, un travail d'une beauté qui s'apparente à une Oeuvre d'Art...

Y  a-t-il de semblable Psautier qui sont en vente ?  

J'adore l'utilisation de ce type d'Enluminure et de Calligraphie utilisée, la forme et les couleurs sont exquisent. 

Vous souhaite un grand succès pour votre nouvel Atelier de Reliure

Amicalement

Maurice

Commentaire n°4 posté par Maurice Beaudin le 20/02/2012 à 06h54

En fait, mon problème de liant se pose avec les pigments de couleur (azurite, garence, ...). Je ne sais pas trop quoi utiliser pour cette époque.

Commentaire n°5 posté par Célia le 07/03/2012 à 18h01

Quelle est l'époque en particulier? Le plus courant est un liant à base d'eau gommée, de blanc d'oeuf rompu et d'eau miélée. 

Réponse de Mathilde le 11/03/2012 à 20h57

Je m'intéresse surtout à la première moitié du XIII. J'ai tenté d'utiliser de la gomme arabique diluée avec une solution d'eau très sucré mais sur mes pigments issus de minéraux, cela a donné une encre comme pateuse. Avec l'indigo par exemple, j'obtenais une encre qui "glissait" en faisant des sortes de bulles, de zones plus claires, plutôt qu'une encre uniforme.

Commentaire n°6 posté par Célia le 16/03/2012 à 18h58

Mathilda, comme je vois que tu rames sévères pour trouver du bois et que pour faire ce genre de boulot, tu n'est pas équipée (moi non plus d'ailleurs, je sous traite !)

...suite à mon codex dos cuir, il me reste deux ais en frêne

format supérieur à A4 (21 x 29.7)[size=8] bizzare, hein comme dimension [/size], que tu pourras retailler tout à loisir si tu veux.
Epaisseur 11mm environ
Les surface sont déjà rabotées, prêtes à l'emploi.

Ca t'interesse ?

Bon sang, si on peux pas se rendre service entre calligraphe-enlumineur ;)

PS : Tu as le même message sur mediaephile. Tu peux supprimer celui là si tu veux. Il n'apporte rien au sujet.

Commentaire n°7 posté par olivier du berry le 16/03/2012 à 20h24
 
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