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Mes réalisations et mes recherches dans le domaine des ateliers du livre à l'époque médiévale (outils, costumes, accessoires, mobilier, etc.) et notamment dans la tentative de restitution d'un atelier de copistes et enlumineurs dans la cité de Metz dans la 1ere décennie du XIVe siècle.
Profitant de la période estivale, du soleil et de
la verdure, nous avons quitté Metz pour la Haute-Marne et la vallée de la Fensch, afin de découvrir les joies des campements. Laissant notre atelier d’enlumineurs à l’abri de l’hygrométrie
plutôt fluctuante des toiles de tente, nous avons vaqué à diverses occupations lors de deux week-ends bien loin des murs protecteurs de notre bonne république messine.
Le premier campement avait lieu à La
Mothe-en-Bassigny, à la frontière entre la Lorraine et la Haute Marne. Jadis, sur cette colline, s’élevaient des fortifications, que Richelieu et le temps se sont alliés pour détruire. C’est sur
le point culminant que nous avions installé tentes et matériels divers, redonnant vie pour 2 journées à ce que avait été une cité très animée. C’est jusque tard le soir, et grâce à l’alchimie
entre un ciel particulièrement étoilé et un vin de mûres des plus fameux que nous avons veillé autour du feu de camp, devisant sur le monde. Le lendemain, je me suis attelé à ourler un voile en
étamine de laine qui me servira de coiffure tandis que Goscelin s’essayait au tir à l’arbalète et à l’explication de l’usage des insignes de pèlerinage. Ce fut un bien beau week-end, où nous
avons pleinement profité de l’isolement du campement au milieu d’une nature magnifique !
Le
second campement se situait sur un site bien plus proche de chez nous et que connaissions bien, puisqu’il s’agit de la chapelle romane de Morlange. A l’occasion de sa restauration et des journées
du patrimoine, notre campement s’était installé au pied ce monument, quelque peu caché par des échafaudages, tandis que la nouvelle cloche de l’édifice était coulée à quelques pas de
là.
C’est avec plaisir que nous avons fait tente commune avec Lydie, la copiste, afin de présenter ensemble les
métiers du livre à l’époque médiévale. J’ai pu longuement m’entraîner à dessiner à la plume d’oie, en m’inspirant des carnets de Villard de Honnecourt tandis que Goscelin s’attelait à la peinture
de la future enseigne de notre atelier. Une journée ensoleillée, un afflux de visiteurs intéressés et une multitude de projets ; c’est sur ces notes optimistes que s’est terminée notre
saison 2009.
Investissant pour la deuxième année la cour médiévale des musées de la Cour
d’Or de Metz dand le cadre de la "Semaine médiévale" organisée dans ces lieux, les Ruistres sans Terre ont fait revivre cet espace, à l’image d’une ruelle animée où l’on pouvait croiser de
nombreux artisans et habitants. C’est donc en compagnie de mon cher et tendre Goscelin, ainsi que de notre nouvelle apprentie Mélissandre que nous avons installé notre atelier d’enlumineurs dans
l’une des boutiques en pierre de Jaumont qui bordent cette cour.
Tout au long de la journée de
nombreux visiteurs ont visité notre antre plutôt frais où nous expliquions les différentes étapes de la fabrication d’un manuscrit à l’époque médiévale. Non loin de là, Dame Lydie, la copiste
faisait démonstration de ses talents en calligraphie, et la proximité de nos ateliers était un atout pour montrer le processus de fabrication des codices. Plus loin, d’autres artisans médiévaux
animaient les abords en présentant leur savoir-faire : la bimbeloterie, les métiers du textile (le feutrage, le filage, le tissage, la broderie, etc.…), le travail du cuir, la forge et la
présentation des épices tandis que la présence rassurante d’hommes d’armes permettait d’aborder la vie militaire dans la cité messine au XIVeme siècle.
Pour notre part nous avions divisé
notre atelier en trois parties : Mélissandre, nouvellement arrivée au sein des enlumineurs, expliquait les supports d’écriture provisoires, comme par exemple l’exemple de la tablette de
cire. De nombreux visiteurs ont pu essayer cet outil indispensable pour la production de manuscrits. A côté de la jeune apprentie, Goscelin montrait la préparation du parchemin, la fabrication de
l’encre metallo-gallique et la fabrication de divers outils. Enfin, de mon côté j’expliquais la préparation des différents liants, colles et pigments nécessaires à la fabrication de
miniatures. Ce fut un réel plaisir que de s’installer dans ces murs anciens qui nous permettait de saisir l’atmosphère des ruelles artisanales médiévales dans notre belle cité et, dans l’avenir,
nous ne manquerons aucune occasion de revenir nous réinstaller dans ces lieux si propices.
Afin de s’imprégner de l’atmosphère qui pouvait régner dans un groupe de pèlerins
en route pour Saint-Jacques de Compostelle, nous avons participé le dimanche 24 mai à une marche de 17 kilomètres dans la région des Trois vallées, à la découverte des aîtres médiévaux et des
églises fortifiées de la vallée du Rupt de Mad. C’est sous une très forte chaleur que nous avons découvert champs, bois et monuments. Cette marche était également l’occasion de tester nos costumes et notre matériel. A midi
nous sommes arrivés à Bayonville où nous nous sommes restaurés et où certain(e)s se sont même baignés. L’après-midi nous avons rejoint Arnaville où la fête battait sont plein. Davantage d'informations et de photos sur le site des Ruistres sans Terre.
Juste
avant de se mettre en route....
Une petite halte rafraîchissante sous les ombrages ...
... où l'absolue nécéssité de s'équiper en vêtements chauds qui ne figurent pas obligatoirement dans nos sources
actuelles! De son côté Goscelin ne craint pas les frimats grâce à son manteau en laine épaisse doublée de lin et à son chaperon...